Le Hockey est probablement celui
qui parmi les disciplines sportives modernes, peut se vanter du plus
fort caractère de tradition tribale, héritier du jeu qui dans
l'antiquité prenait un caractère de vérité et avait ses propres
rituels. Quelque soit son origine réelle (une dispute encore
irrésolue) l'"esprit" du hockey est lié indiscutablement à deux
éléments: la terre et le baton, avant encore la balle.
Si l'éthymologie du terme "Hockey"
reste pour tout le monde incertaine, il est au contraire acquis que
quelque soit la définition adoptée dans les diverses époques pour
identifier ce jeu, cela fait immanquablement référence à la canne.
Les racines du Hockey sont donc liées tout d'abord à l'outil et à la
terre, avant que l intention relativement tardive de doter les
joueurs de patins ne transforma profondément la dynamique et la
technique du jeu, entraînant le développement de la vitesse
d'exécution et de mouvement.
En attendant qu'est-ce que le
Hockey? Dans la onzième édition du "Nouveau Dictionnaire de la
langue italienne", Nicolas Zingarelli le définit: " jeu d' équipe,
avec des règles semblables à celles du foot, qui se déroule sur un
terrain en herbe, sur une piste de glace ou de ciment et dans lequel
les joueurs sont pourvus d' un baton spécial recourbé pour frapper
le palet ou la balle et l'envoyer dans les cages adverses. "
Dans un autre dictionnaire d'un
pays qui est profondément lié avec cette discipline ("Dicionario
Morais de Lingua Portuguesa", édition de 1945), le Hockey est décrit
comme: " jeu d'équipe pratiqué sous diverses variantes (sur gazon,
sur glace et sur patins à roulettes) et dont l'objectif est
d'introduire dans le filet d' une cage, une petite balle en la
frappant avec un bout de bois courbé, appellé crosse. "
Pourquoi Hockey? Gianfranco Capra
et Mario Scendrate ("Hockey su pista in Italia e nel Mondo", Novara,
1984 ) rapportent la thèse de quelques-uns: " Il fut appelé ainsi
parce que le baton (canne) avec lequel on joue, est recourbé, en
crochet (hoock)." Mais dans "Dizionario dei giochi" de René Alleau
(1973), nous apprenons que " ce fut en France que le Hockey fut
appelé ainsi, sous la même forme qu'un jeu appelé crosse, pratiqué
déjà à la fin du Moyen-Age et auxquels se donnait aussi le nom de
Hoquet. "
La traduction littérale du français
( "sanglot" ) rend embarrassante et improbable toute tentative de
décodification mais semble correctement confirmé que le terme Hockey
est pas une adaptation de l'anglais.
Frapper une balle avec un baton est
déjà une activité affirmée aux débuts de l'histoire. Dans plusieurs
soutènements, on retrouve l'existence de bas-relief égyptien qui
représente un joueur qui "bat" une sphère avec une grosse massue,
mais l'image la plus familière et la plus diffusée est celle d'un
autre bas-relief retrouvé à Athènes en 1922 et qui remonte à une
époque comprise entre 514 et 449 avant JC: Plusieurs joueurs (chacun
pour leur compte ou organisé dans une équipe? ) poursuivent une
balle à l'aide d'une crosse.
Un témoignage significatif arrive
aussi d'Arabie ou pendant la même période historique se pratiquait (que
cela parait dèjà loin) le "Kaura", avec des crosses longues et fines
et une balle en fibre de palme. Quelques siècles plus tard, les
tribus indiennes du Nord de l'Amérique (surtout les Algonchinis) se
risquent avec des massues et des boules de bois ou sphères de peau
de cerf. C'est le "Bandy", terme qui à l'origine indique un charriot
typiquement indien (dictionnaire anglais de Giuseppe Ragazzini,
édition Zanichelli) mais qui avec le temps, acquit aussi la
signification de "arquet" (bandy-legged, gambe storte), ou bien de
"bond", "passage" aussi d'"échange" (de coups dans quelques cas)
pour arriver enfin à s'identifier avec une vraie masse de Hockey,
sans désigner toutefois le jeu par lui-même. Version accréditée
aussi par Paul Cartaxo Abrantes ("Patinagem em patins de Rodas",
1976).
Juan Diaz Chavez raconte comment il
arrivait pendant ce temps en Amérique du Sud. " Au Chili, première
étape du conquistador Pedro de Valdivra, en 1541, les aborigènes
disputent diverses jeux, parmi lesquels celui du cineca, ou chueca
suivant les espagnols. Les indiens auracanos les appellent cependant
palitun et les perfectionnent jusqu'au point de le faire devenir le
sport national. Le palitun se joue dans un rectangle long de 200 à
500 mètres et large de 30 à 40 mètres et les équipes (cuadrillas)
sont composées de 9 à 10 joueurs par coté qui jouent à demi-nue. Au
signal de l'arbitre (rannefoe), un joueur venait frapper la balle (déposée
dans un cercle au centre du rectangle sur un piédestal en terre) à
coup de palitun; commencait alors la rencontre durant laquelle,
comme dans le hockey sur roulettes contemporain, il était prohibé de
donner des coups intentionnels. L'arbitre avait la faculté
d'expulser les joueurs du rectangle. Toutefois, il est consentit de
saisir à l'épaule et de retenir un adversaire par les cheveux quand
il n'est pas dans l'autre camp pour voler la balle. Le jeu de la
chueca se développe, impliquant aussi les femmes et il devient le
jeu national au XVII et XVIII siècle. Passé le milieu du 18e, les
autorités l'interdirent, avec le prétexte que, puisque il se joue
pendant les jours de fêtes, il devient une occasion pour les gens de
ne pas assister aux offices religieux et en outre, considérant
qu'une partie dans quelques cas peut durer deux ou trois jours, cela
diminue l'assiduité de la présence au travail. Le jeu de la chueca
disparaîtra rapidement, destiné à devenir un simple souvenir. "
Il n'est pas difficile, ni
incorrect, d'établir une liaison entre le "jeu de la chueca" chilien
et le "jogo da choca" très populaire au Portugal aussi pendant les
années 30 et 40 du même siècle ("Jogos populares Portugueses",
Antonio Cabral - 1985) Silvestre Lacerda ("O hoquei em patins em
Portugal, 1991) explique que " le nom donné à ce jeu dans
différentes parties de notre pays n'est pas toujours le même. Ainsi
à titre d'exemple nous rapportons une liste: choca, chicara, nicha,
boiada, porca, roca, chona, porca russa, porquinha, lobella,
pau-na-cova, chincaramona et serramuda ". Tradition locale ou se
greffe la grande passion portugaise pour ce sport. Encore autrefois
Abrantes le mentionne: " manier une crosse avec dextérité est un don
de n'importe quel bon portugais. "
Le tout, indépendamment de
l'utilisation des patins qui sont au contraire patrimoine des
pionniers sportifs du nord de l'Europe, à partir de plaques
appliquées aux souliers pour glisser sur la superficie glacée des
fleuves et lacs, jusqu'aux premières roues en métal qui marque
irrémédiablement les pistes des nombreux Rinks en parquet des plus
belles capitales du vieux continent à partir du 19 ème siècle.